2017 03 15 homélie P. B.Gloux 1 an naissance au Ciel Jacqueline Aubry à L’Ile-Bouchard

15 mars 2016 Naissance au Ciel de Jacqueline Aubry, l'aînée des petites filles ayant vu la Ste Vierge en 1947 à L'Ile-Bouchard A cette occasion, homélie du Père Bernard Gloux lors de la messe anniversaire le mardi 15 mars 2017 Textes de la deuxième semaine de Carême (Jr 18, 18-20) (Mt 20, 17-28)

Homélie 1er anniversaire Jacqueline

On voit la mère des 2 disciples réclamer à Jésus les meilleures places pour ses enfants auprès de lui. Jésus leur répond qu’il s’agit de boire à la coupe de sa Passion et aussi qu’il s’agit d’un choix de Dieu, un choix gratuit. Comment ne pas penser au mystère de la vocation de Jacqueline ?

Nous connaissons la joie de Jacqueline et des trois autres petites filles à contempler la Vierge Marie :

  • Oh la belle dame ;
  • Qu’elle était belle cette dame qu’elle était belle !
  • Oh le beau ange !

C’est comme une anticipation de ce que nous vivrons plus tard, avec des cœurs d’enfants renouvelés : Entrés dans la vision béatifique, nous serons dans l’admiration, l’adoration, la louange ; et tout cela nous l’anticipons ici-bas.

Il est facile de comprendre son bonheur de voir le Ciel si proche, si bienveillant, si respectueux, si confiant, si reconnaissant de tous les petits « Oh oui Madame, nous le voulons bien » ; de voir se dessiner sur le visage de Marie son bonheur devant la réaction des enfants et de la foule.

Sans compter le chant du Magnificat, la joie de Marie qui se communique si bien, que, nous disait Jacqueline :

  • « A deux reprises, j’ai mis ma main sur mon cœur, mon cœur battait si fort, que j’ai cru que j’allais mourir de joie. Elle m’a fait goûter la joie du Ciel. »

Une photo l’évoque très bien : on voit les 4 enfants dans la rue de la Liberté marcher dans une joie profonde et rayonnante, et on voit cette joie éclater tout spécialement sur le visage de Jacqueline.

Quel contraste avec l’une des photos de son image funéraire, où la joie est présente, certes ; mais quelle gravité, et quelle douleur dans ses yeux d’adolescente !

Durant les apparitions, elle était toute joyeuse. Or à un moment, les personnes présentes l’ont vue soudain devenir grave, et puis après un petit instant, redevenir joyeuse.

On peut supposer que Marie lui a dit quelque chose, lui a demandé quelque chose.

  • « Oh oui Madame nous le voulons bien » Oui, Dieu aime celui qui donne avec joie.
  • Est-ce que monsieur le curé va construire la grotte ?
  • Oui Madame, nous allons la construire !

Oui, c’est une vocation magnifique que de voir la Vierge Marie, mais cette vocation est en rapport étroit avec l’Evangile d’aujourd’hui : La coupe à boire. Partager le destin du Verbe fait chair, et de Celle, qui avec son Cœur Immaculé, n’est qu’un seul cœur avec lui. C’est être son disciple, le suivre.

Il y a bien sûr des choses extérieures aisées à comprendre : par exemple, le cancer du papa très tôt, la ruine de la famille, l’exil dans un quartier très pauvre de Tours, la misère, la faim.

Mais il y a aussi bien d’autres souffrances en rapport avec la première lecture, sans parler du mystère de ce qui pouvait se passer dans sa vie et dans son âme.

Notre Dame de La Prière est laVierge Marie de l’Annonciation, la Vierge du oui à Dieu, qui donne sa parole à l’Archange Gabriel : « Que tout se passe pour moi selon ta Parole » : que tout se passe pour moi selon le Verbe fait chair.

La première lecture nous parle de l’intercession du prophète, figure du Christ.

Jacqueline a appris de Marie la prière, et la prière aux intentions de Notre Dame de la Prière : la France, les pécheurs, les familles, mais aussi les vocations, les prêtres, sans compter les innombrables personnes qui se sont confiées à sa prière.

Personnellement, j’ai rencontré Jacqueline en mai 1991. Combien de fois ne m’a-t-elle pas écrit :

  • « Je ne vous quitte guère »,c’est-à-dire : ma prière vous accompagne à chaque instant.

À la fin de sa vie, elle a connu une maladie extrêmement éprouvante, qu’elle avait annoncé à des proches depuis 25 ans, et qu’elle a acceptée à chaque étape.

Dans les derniers jours, dans des grandes souffrances et humiliations, on l’a souvent entendu dire que c’était la volonté de Marie, et qu’elle l’acceptait. A un ami de longue date, qui s’indignait que Marie la laisse souffrir ainsi, elle lui a dit avec une fermeté qui l’a frappé de stupeur :

  • « Mais la Sainte Vierge veut que je souffre ! »

Tout à fait à la fin, quand je lui ai demandé si Notre Dame de La Prière le lui avait demandé, elle m’a répondu : « On ne peut rien lui refuser ! »

Cela fait partie du témoignage qu’elle donnait, quand l’Eglise le lui demandait, cette question posée par les adultes à travers les enfants :

  • Que faut-il faire pour consoler notre Seigneur, de la peine que lui causent les pécheurs ?
  • Il faut prier et faire des sacrifices.

Le moment peut-être le plus marquant du son témoignage, c’est lorsqu’elle refaisait le signe de croix de Notre Dame de La Prière.

Pour l’introduire, elle faisait alors un de ses rares commentaires :

  • « Elle devait revivre ce qu’elle vivait au moment de la Passion »

La statue de Notre Dame de La Prière est fort étonnante : y est présente, l’Annonciation, la Croix, et la Gloire.

La Passion, nous y sommes à chaque Eucharistie, pour joindre à notre prière, l’offrande obéissante et aimante des oui de chaque instant de notre vie.